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Ce Conseil
Supérieur apparaît comme un pôle de réarticulation
des pouvoirs, dans le sens d'un supplément de démocratie.
Rompant avec
un système décrié, le pouvoir exécutif
a renoncé à toute immixtion directe dans les nominations
des magistrats, au profit d'un organe paritaire et indépendant
tant vis-à-vis de l'exécutif lui-même que vis-à-vis
du judiciaire. Celui-ci, en revanche, se voit pour la première
fois de son histoire soumis à un contrôle externe.
Les magistrats sont invités à un effort de dépassement
de leurs traditions et de leur culture corporative. Si la société
civile a des représentants au C.S.J., c'est parce que la
justice est finalement bien plus qu'une institution de magistrats.
C'est un principe, une valeur fondamentale qui appartient au domaine
public et qui concerne l'ensemble de la société. Son
application dans les faits n'est pas l'apanage de quelques-uns mais
la responsabilité de tous.
L'enjeu pour
le C.S.J. est celui d'une légitimité négociée.
De par sa composition
paritaire à la fois sur le plan linguistique et sur le plan
socioprofessionnel, on peut dire que le Conseil Supérieur
de la Justice est un forum démocratique où toutes
les conceptions de la fonction judiciaire sont susceptibles d'être
représentées.
Avec le Conseil
Supérieur de la Justice on peut penser que la Belgique se
donne un lieu de rencontre structuré entre les acteurs du
champ judiciaire et les représentants de la société
civile pour débattre de politique judiciaire, de nouvelles
stratégies.
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